15 décembre 2006

Vacherauville, il y a 90 ans

15 décembre 1916 - 15 décembre 2006
Il y a 90 ans aujour'hui eut lieu l'attaque de Vacherauville.
Voici ce qu'écrit le JMO pour cette journée :

L'attaque est pour dix heures.
A 7 h 45, les Boches déclanchent un tir de fusants et de percutants, en avant, en arrière et sur nos premières lignes.
Notre artillerie exécute des tirs de contre-attaque, à partir de 8 h 30. L'artillerie lourde exécute des tirs nourris sur le village de Vacherauville et le ravin de St-Martin. Elle continue jusqu'à 10 heures à écraser les organisations ennemies et particulièrement le village.
A 10 heures (heure H), les 2 bataillons d'attaque (bataillon Morat et bataillon Thinus) quittent simultanément leurs tranchées de départ.

a) Opérations du 1er bataillon.- (bataillon Morat)
A l'heure H, les compagnies sont parties à l'attaque dans les formations prescrites (voir croquis) et sous un bombardement de 77, 80, 105 et 150 qui devient tir de barrage dès que les premiers éléments furent sortis. Les obus tombaient principalement le long de la voie ferrée tandis que sur la route et le bord du canal la progression était plus facile.
La tranchée "Biberach" fut trouvée complètement bouleversée et inoccupée. Au contraire, "Bethman" présenta quelques nids de défenseurs dont nos nettoyeurs vinrent à bout avec des grenades suffocantes.
Les deux premières vagues de la Cie Palanque (2e cie) emportées par leur élan, ne s'aperçurent pas qu'elles avaient dépassées la route de Louvemont et dévalèrent jusqu'à la route de Samogneux où elles furent arrêtées par des mitrailleuses tirant de l'extrémité Ouest de la tranchée de Mannesmann. Le reste de la compagnie et le peloton Chaté (11e cie) s'installaient dans la tranchée Kiderlin et établissaient un barrage de sacs à terre, au sud de 7723 dans la tranchée de Kiderlin.
Vers midi, à la suite d'une contre-attaque venant de la tranchée de Fribourg et d'un recul du 55e RI à notre droite, ce barrage fut reculé de 30 mètres.
Une section de la Cie Dugua (1ère cie, réserve de bataillon) et une section de la 9e cie (compagnie réserve du colonel), mises à la disposition du 1er bataillon par le colonel, viennent occuper Kiderlin.
Le peloton avancé (cie Palanque) de la route de Samogneux se replie alors de trous d'obus en trous d'obus sous un feu violent de mitrailleuses.
L'ennemi ne réagit que par fractions isolées. Il fut impossible de dénombrer les prisonniers qui se rendaient. Il en sortait de toutes parts.
On se contenta de leur indiquer la direction du canal, qu'ils prenaient d'ailleurs instinctivement.
Au cours de la progression, les compagnies du bataillon Morat avaient été mitraillées par les avions de chasse boches, (1 homme fut tué ainsi à la 3e cie) dans le boyau de Bethmann.

Pertes du 1er bataillon :
Officiers
T
ués : néant
Blessés : 1 (lieutenant Palanque)

Troupe
Tués : 17
Blessés : 56
Disparus : 46

Le lieutenant Palanque, blessé très grièvement en enlevant sa compagnie, a reçu la Croix de la Légion d'honneur à l'ambulance.


b) Opérations du 3e bataillon.- (bataillon Thinus)
A 5 h 30, les unités du bataillon prennent leurs emplacements de départ pour l'attaque.
Un peloton de la 11e cie (capitaine Maigrot) se rendait au bord du canal, dans des niches, où elle restait tapie jusqu'à l'heure H.
Avant le départ, de 9 heures à 10 heures, la 10e cie (cie Onofri) est violemment bombardée.
A l'heure H, les 10e et 11e se portaient résolument à l'attaque de Vacherauville, traversaient les tirs de barrage ennemis, sans trop de pertes, grâce à la formation en petites colonnes et malgré les tirs de mitrailleuses des avions boches.
A 10 h 11, ces deux unités pénétraient dans le village, dont elles s'emparaient rapidement.
Le peloton Maigrot, en débouchant, est pris par des feux d'enfilade : le commandant Thinus demande par optique du renfort au colonel qui lui envoie du renfort (un peloton de la 9e cie).
Les nettoyeurs de tranchées (peloton de sapeurs, bombardiers) purgent le village, ramènent environ 300 prisonniers et s'emparent de 3 mitrailleuses et d'une grande quantité de matériel.
L'ennemi (2 cies d'infanterie) occupant les caves de Vacherauville, n'a pas eu le temps de réagir, tant notre contre-attaque a été soudaine et vigoureuse.
Après avoir résisté à nos premiers éléments, les Allemands, se voyant cernés après l'irruption de la Cie Onofri au Nord du village, se rendent par petits paquets.
Ceux qui, dans les caves, essaient encore de se défendre, sont bientôt réduits au silence par quelques grenades asphyxiantes de nos nettoyeurs.
Tandis que se poursuit le nettoyage du village, les 10e et 11e cies se portent rapidement au Nord et à l'Ouest de Vacherauvillle.
Elles atteignent leurs objectifs définitifs à 10 h 30 et commencent immédiatement leur organisation.
L'attaque a été menée rapidement et facilitée par le tir de l'artillerie, favorisée par les formations en petites colonnes qui a évité des pertes et surtout par le moral excellent des hommes et de leurs chefs qui ont marché à l'attaque avec enthousiasme et le mépris le plus complet du danger.

Pertes du 3e bataillon :
Officiers
T
ués : néant
Blessés :
1 (sous-lieutenant Kaye, 10e cie)

Troupe
Tués : 8
Blessés : 41
Disparus : 45

c) Opérations du 2e bataillon.- (Moyret)
Le 2e bataillon (Moyret), placé en réserve de Division, envoie dans la matinée, une compagnie de renfort au 1er bataillon au cours de l'attaque (7e cie, lieutenant Caire).
Dans la soirée du 15, vers neuf heures, le bataillon Moyret, reçoit l'ordre de se porter dans le secteur d'attaque du régiment de droite (55e Régiment d'Infanterie) pour aider à la progression de ce régiment dont un bataillon, tombé sur une organisation allemande non touchée par l'artillerie, n'a pu déboucher complètement et partant, atteindre ses objectifs.
A minuit, les 2 compagnies du bataillon Moyret sont en place pour l'attaque.
A 4 heures du matin (16 décembre), le peloton Feslard (5e cie) avec le commandant de la compagnie (lieutenant Paccini) pénètrent dans la tranchée de Brandebourg, la nettoie, fait quelques prisonniers et assure aussi la liaison à la droite du 55e RI avec le 255e RI.

Pertes du 2e bataillon :
Tués : 2 hommes.
Blessés : 5 hommes.

Quelques vues actuelles de Vacherauville et de ses environs

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