21 août 2005

Rostin, le 21 août 1914

"On a marché nuit et jour, revoyant l'un après l'autre tous les villages où, à l'aller, on passait en futurs conquérants. Aujourd'hui on recule ; on marche, on marche sans arrêt. Les pieds sont en sang. Depuis le rassemblement près de Dieuze, on a eu des vivres mais on a dû les abandonner, faute de temps pour les préparer. Les ventres sont vides. Les forces sont à bout. Le sommeil, plus puissant, fait s'écrouler les corps comme des mouches. Et l'on marche. Nous voilà aux portes de Lunéville, et le recul nous paraît... [Lire la suite]
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20 août 2005

"Rostin, le 20 août 1914

Le lieutenant Rostin, lieutenant en premier à la 5e cie nous livre ses impressions :" Quelle tuerie ! Quel enfer ! Notre belle infanterie amenée au pied de l'échafaud et le carnage s'acharnant sur elle, sans trêve, pendant des heures. Brave, téméraire, elle dédaigne encore le canon dont la voix gronde, méthodique, continue. Elle dédaigne le canon et recherche son adversaire naturel, qui se dérobe à l'abri de son nid formidable, laissant au canon le soin de mener la danse.L'histoire dira si les opérations autour de Dieuze ont été... [Lire la suite]
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30 juillet 2005

Rostin, le 30 juillet 1915

"Les visions d'ensemble ne me font plus rien, mais il est parfois des détails infimes qui m'émeuvent jusqu'aux larmes. Dans un combat récent, nos tranchées sont détruites, mes mitrailleurs ensevelis avec leurs pièces que les Boches vont saisir. L'un de mes poilus arrache sa mitrail-leuse à la terre, la met sur son épaule pour la sauver ; il rampe vers la deuxième ligne, les Boches le fusillent à bout portant. Il rampe toujours dans un effort désespéré, place soigneusement sa mitrailleuse contre un arbre et expire à côté : il a... [Lire la suite]
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17 juillet 2005

Rostin, le 17 juillet 1915

"Depuis le 14 juillet, nous avons roulé, roulé et nous voilà dans des régions nouvelles, dans l'inconnu et ses angoisses. Nous sommes en pleine Argonne. Je vous ai parlé de repos ! Des nuits et des jours sans sommeil, sous une pluie diluvienne. On ne nous a pas jetés dans la fournaise, c'est vrai. Nous étions, il est sûr, à bout de souffle et combien peu nombreux ! Mais nous n'en avons pas moins subi toutes les émotions de la lutte féroce que le Kronprinz, dans un espoir maladif, a entreprise depuis le 20 juin, date mémorable... [Lire la suite]
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07 juillet 2005

Rostin, le 7 juillet 1915

"Je vous fais grâce des multiples obus qui matin et soir, nuit et jour, sifflent sur nos têtes ou éclatent autour de nous ; ça c'est une musique banale qui paraît douce en comparaison des effroyables bombardements de ces quinze derniers jours.  Pourtant, le projectile est traître et, chaque fois que mon service m'appelle à l'autre bout du village en ruines ou aux tranchées, quelque victime encore chaude barre ma route. Pauvres corps sanglants, mutilés, étendus pour toujours, pauvres gars échappés des hécatombes et fauchés là... [Lire la suite]
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06 juillet 2005

Rostin, le 6 juillet 1915

Le capitaine Rostin revient sur les combats du bois de la Gruerie : "Les Boches, dont les pertes ont dû être très fortes, et qu'en nous sacrifiant, nous avons arrêtés dans leur ruée terrible, se recueillent peut-être pour un nouvel effort.  Dans les deux camps on répare les dégâts, c'est effroyable. Dans les luttes du début, on succombait c'est vrai, mais on mourait noblement, on avait de l'air, on voyait devant soi ; tandis qu'à cette heure, où sur un front réduit, des milliers d'hommes, séparés de 20 à 50 mètres, se... [Lire la suite]
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04 juillet 2005

Rostin, le 4 juillet 1915

" Mon Dieu ! Quelles heures terribles nous vivons depuis le 20 juin, jour où les Allemands ont brutalement lancé sur notre front de quelques centaines de mètres, entre la route de Binarville à Vienne-le-Château et Bagatelle, un corps d'armée !Trois de mes engins brisés, ensevelis, par les grosses bombes allemandes et les obus sont irrémédiablement perdus. Mon personnel, très dispersé, a relativement souffert ; mais j'ai perdu, hélas, mes deux officiers les plus anciens. C'est terrible et beau à la fois car leur mort a été... [Lire la suite]
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02 juillet 2005

Rostin, le 2 juillet 1915

" Le choc, depuis 12 jours et 12 nuits, est rude. Les sacrifices sont grands ; le régiment à lui seul, vient de perdre 27 officiers. Que d'amis étendus pour toujours ! Les gaz asphyxiants nous éprouvent beaucoup et nous enrageons de voir que, de notre côté, on ne fait rien pour riposter à ce genre d'assassinat. L'opinion, là-bas, devrait peser immédiatement sur ceux qui hésitent : nos armes sont inégales. Dans cette guerre stupéfiante, le fusil est devenu une arme secondaire. Il n'y a que les obus qui comptent. Allons,... [Lire la suite]
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01 juillet 2005

Rostin, le 1er juillet 1915

"Hier, journée terrible : gaz asphyxiants, bombes, obus, tranchées démolies, attaque sur tout le front, lutte d'assassins - les assassins sont les Boches. Ils veulent à tout prix nous enfoncer par ici et ils cognent comme des brutes saoules. D'autres encore que j'aimais ont disparu. Pendant que je vous écris, la mitraille tombe dru ; ça recommence ! Les gaz asphyxiants, malgré lunettes et tampons, sont un assassinat. Qu'attend-on pour riposter ?"
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27 juin 2005

Rostin, le 27 juin 1915

"Faites des voeux pour que notre tribut soit désormais moins lourd et que nous ayons tous les succès. C'est une guerre d'usure, d'épuisement. Ici, il n'y a pas de répit et les journées et les nuits sont coûteuses."
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