06 juillet 2005

Rostin, le 6 juillet 1915

Le capitaine Rostin revient sur les combats du bois de la Gruerie :

"Les Boches, dont les pertes ont dû être très fortes, et qu'en nous sacrifiant, nous avons arrêtés dans leur ruée terrible, se recueillent peut-être pour un nouvel effort.  Dans les deux camps on répare les dégâts, c'est effroyable. Dans les luttes du début, on succombait c'est vrai, mais on mourait noblement, on avait de l'air, on voyait devant soi ; tandis qu'à cette heure, où sur un front réduit, des milliers d'hommes, séparés de 20 à 50 mètres, se jettent les uns contre les autres, dans l'enchevêtrement des fils de fer et des embûches, sous une mitraille que l’imagi-nation a peine à concevoir ; c'est une boucherie !  Ajoutez à cela une orgie de gaz délétères qui vous stupéfient et vous paralysent : voilà comment cette guerre devenue malpropre nous oblige à mourir."

Posté par 112eri à 09:22 - - Permalien [#]