27 mai 2005

Rostin, le 27 mai 1916

Le capitaine Rostin écrit à son oncle, le commandant François Meurs, chef de bataillon à la retraite demeurant à Nice :

Quelle bataille ! Quelles choses atténuées sont, par comparaison, tous les combats antérieurs. C'est épique, c'est fou. Notre régiment a vu tomber son colonel et d'autres officiers et tant de poilus, mais il est à l'honneur et à la gloire. Il faut avoir vécu ces jours et ces nuits tragiques pour comprendre, pour croire. Je crois avoir rêvé un cauchemar de dément. Je me tâte, je compte mes os et je suis ébahi du miracle. Je n'ai rien fait de plus que les autres, mais j'ai beaucoup vu et beaucoup observé.
J'ai hâte de vous envoyer mon dernier carnet dont les pages les plus récentes ont été écrites dans cet élan colossal du Mort-Homme et de 304. Quelles visions ! Quels chaos ! Ma chère compagnie a été superbe d'entrain et de mordant. Elle a tué beaucoup de Boches et elle a subi peu de pertes, par comparaison toujours. Je remercie le ciel, non pas de m'avoir épargné, - je suis peu de chose - mais d'avoir protégé mes adorables poilus.
"
 

Dans cette lettre, le capitaine Rostin fait référence à colonel Garnier Sous-lieutenant André (8e Cie), au sous-lieutenant Joseph (officier-adjoint au colonel) tués le 21 mai, au capitaine ROUX et au sous-lieutenant Pozzo di Borgo, tués le 23 mai 1916.

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